20 novembre 2011
Lily Myosotis
Lily Myosotis
Nathalie Mussari, Nathalie Goussé
Coprin, 2010
Noyade dans le bleu
par Christine Moulin

Lily est une vache. Pas bleue. Et c’est là tout son drame car le bleu lui rappelle sa Bretagne natale. Heureusement, un elfe va venir à son secours, s’inspirant vaguement des leçons de Pélagie la sorcière qui passait son temps à perdre son chat noir dans sa maison noire.
Bien sûr, on peut voir le message : il faut se débarrasser de la nostalgie de l’enfance et cesser de vouloir s’incorporer ce que l’on aime pour devenir soi-même (cela dit, Lily va quand même passer sa vie en noir et blanc, comme les copines qui l’ennuient tellement au début de l’histoire).
Justement, on peut voir LE message. Pas beaucoup de jeu dans cet album. La voie, pour Lily, comme pour le lecteur est toute tracée. Les illustrations ne viennent guère à la rescousse, lourdes, redondantes, envahies par les gros plans.
Cela dit, peut-être ce récit peut-il provoquer des discussions dans les cercles philo de maternelle : doit-on ressembler à ce qu’on aime ?
11:35 Publié dans LJ : albums, LJ : tout petits, LJ: première oeuvre, philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nathalie mussari, nathalie moussé, coprin, vache, bleu, identité, atelier philo, christine moulin
17 novembre 2011
Cyclones: Six vertiges identitaires
Cyclones
Karim Berrouka, Bruno Leray, Philippe Aureille
Organic éditions ( Petite bulle d’univers n°7), 2011
Six vertiges identitaires
par Anne-Marie Mercier
Cette nouvelle « nouvelle graphique » combine les qualités des précédentes « Petites bulles d’univers » d’Organic éditions : beau papier, mise en page originale et soignée, illustrations, ou plutôt peintures, superbes qui rapprochent ces beaux objets du livre d'artiste, textes courts mais denses. Comme les précédentes, elle s'inscrit dans un registre fantastique, ici très cohérent et très inquiétant.
On ne saura pas si Georges a réellement été le cobaye d'une expérience ou s'il est atteint de folie mais à chaque étape (il y en a six, comme autant de chapitres) Georges affronte ses doubles, ses cinq clones (d'où le titre "cyclones") et tente de s'en débarrasser, tantôt par la ruse, tantôt par la violence, développant dans chacune des tentatives des ressources logiques imparables. Chaque jour, à six heures du matin, Georges s'éveille pour une nouvelle aventure avec l'aide d'une âme soeur, chacune semblant le clone de l'autre, et chaque jour à six heures du soir, Georges est multiplié en six fois lui-même, doté d'un « super pouvoir à la con », tantôt divin tantôt amoureux, tantôt puissant, tantôt bien empêtré.
Le texte de Karim Berrouka s'inscrit face aux peintures de Bruno Leray, saisissantes, souvent angoissantes. Pour tenter de les décrire, disons qu'elle s'approchent de variations sur « Le cri » de Munch qui aurait été traitées par un pinceau inspiré aussi bien par Bacon que par Rebeyrolle. L'ensemble alterne noirceur et couleurs, comme le texte passe du lyrique à l'humoristique en passant par le récit fantastique, frénétique ou policier.


