19 février 2012

Attends moi !

Attends moi !
Stéphanie Blake

L’école des loisirs, 2011

Un album vitaminé

Par Caroline Scandale

Attends moi .gifUn petit loup nous entraîne dans sa course folle. Avec son copain lapin, ils s'amusent à faire du skate board. Leur vitesse est telle qu'ils s'envolent en percutant un escargot et retombent dans une voiture. A son tour le gastéropode rigolo leur demande de l'attendre car il veut aussi jouer avec eux. Désormais à trois, ils roulent oreilles et antennes au vent, et invitent le jeune lecteur à les rejoindre dans leur monde acidulé et plein de pep's.

Album catrtonné déal pour les petits loups balbutiants, avides de découvertes et d'histoires à croquer...


26 septembre 2010

Mon petit cœur imbécile

Mon petit cœur imbécile 
Xavier-Laurent Petit

L’école des loisirs (Neuf), 2010

Course d’amour

par Anne-Marie Mercier

monpetitcoeurimbecile.gifDans un lieu reculé d’Afrique, à six heures de piste du premier hôpital, vit Sisanda. Elle a neuf ans, et depuis neuf ans elle vit avec un cœur malade. Son père travaille au loin et envoie de l’argent. Sisanda vit avec sa mère, Swala (« l’antilope »), sa grand-mère un peu sorcière et un oncle un peu idiot qui garde les troupeaux. Autour, il y a le village, l’épicier, la grosse Raïla qui rit tout le temps, Zacaria qui fait le taxi… Et le vent qui épuise les malades. C’est Sisanda qui raconte dans ce roman, tout en parlant à son petit cœur imbécile pour tenter de le calmer, de l’apprivoiser, parfois en vain.

Sisanda peut à peine marcher, tout juste respirer. Elle va à l’école, portée par son oncle. L’école est sa respiration, les chiffres aussi : elle compte tout pour remettre les choses et son cœur dans l’ordre. A force de compter les battements de son cœur, les jours où elle a survécu depuis sa naissance, elle est devenue un génie des mathématiques, en secret. Ainsi elle sait que sa mère qui court tous les matins, par plaisir, court très vite. Tout le village sait cela. Elle sait lire aussi et lit à sa mère un article d’un journal tombé par hasard entre leurs mains, qui raconte le dernier marathon, et la somme faramineuse allouée à la gagnante, une somme qui permettrait de la faire opérer dans un grand hôpital.

Ce n’est pas un conte de fées, mais un très beau roman porté par l’amour, la solidarité, l’espoir. Avec un ton très juste, très simple, à travers les mots de Sisanda, Xavier-Laurent Petit fait exister l’Afrique, sans clichés, sans misérabilisme de commande, sans condescendance. Des notations en demi teintes, des détails à peine esquissés, des atmosphères font le reste : on est transporté. A cette belle écriture et à ce doigté s’ajoutent une intrigue, des vrais suspens, du mystère. C’est un très beau roman, pour les jeunes lecteurs comme pour les plus grands, à ne pas manquer.