01 mars 2012
Revolver
Revolver
Marcus Sedgwick
Traduit (anglais) par Valérie Dayre
Thierry Magnier, 2012
North-ern
Par Christine Moulin
Si l'action ne se déroulait pas dans le Grand Nord, dans une atmosphère glaciale, pure et étouffante comme celle des tragédies, on pourrait dire qu'il s'agit d'un western: le héros de l'histoire principale (il y a une histoire-cadre que je vous laisse découvrir), Sig, est un jeune garçon dont le père Einar meurt dès les premières lignes ("Sig regardait fixement le corps immobile de son père, attendant qu'il parle, et le père se taisait, car il était mort"). Einar, on l'apprendra, a été impitoyablement poursuivi, pendant toute sa vie, par une brute, un homme-ours (du nom de Wolff...) qu'il a trompé, dans une affaire d'or et de trésor. Appât du gain, batailles, ressentiment, vengeance, errance, violence, tout est là.
Mais comme dans tous les grands westerns, il y a plus: d'abord le froid, qui remplace la chaleur accablante de l'Ouest, minutieusement décrit, mordant et obsédant, qui fatigue mais parfois galvanise, qui tue aussi; ensuite, l'arme qui a donné son nom au roman: omniprésente, à travers notamment des citations qui scandent les chapitres, objet de peur, de fascination, elle semble pouvoir précipiter le dénouement et pourtant... Et surtout, il y a les personnages. Dotés d'une psychologie, d'une personnalité, d'une voix, ils représentent en même temps des valeurs qui vont s'affronter au moment du dilemme auquel sera confronté le héros: d'un côté, celles de son père, la ténacité, le courage, la volonté farouche de défendre les siens; de l'autre, celles de sa mère, l'amour, la valeur du pardon, la Foi, l'Espérance, les deux univers se rejoignant dans un même précepte, difficile à interpréter et à incarner: "Apprends ce que tu pourras sur le monde".
Le roman est servi par une chronologie complexe mais efficace et par une langue incisive: Valérie Dayre en traductrice, excusez du peu! On peut donc se délecter d'une écriture acérée, émaciée, parfaitement congruente à son objet, qui sait rendre haletantes les actions ("Elle était à mi-chemin du chenil quand elle entendit le coup de feu.
Un coup unique, qui retentit dans toute la vallée pétrifiée par le gel, de la cabane jusqu'au Giron.
L'écho revint en secouant un peu de neige au faîte des arbres, et les corbeaux prirent leur envol.") mais qui sait aussi donner à ces actions un arrière-plan tragique, voire métaphysique ("Dieu détourne-t-il les yeux quand il arrive de vilaines choses? Ou reste-t-il à observer en s'interrogeant sur l'évolution de sa création? Secoue-t-il la tête tant sont grands son chagrin et sa déception? Ou sourit-il?").
Tant il est vrai qu'au moment de choisir, il s'agit toujours au fond, de savoir qui on écoutera au fond de soi, car "même les morts racontent une histoire".
PS : une belle analyse de ce roman sur le blog Les riches heures de Fantasia.
22:30 Publié dans LJ : aventures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marcus segwick, valérie dayre, thierry magnier, western, grand nord, ruée vers l'or, éducation, christine moulin
27 février 2012
Le Duc aime le dragon
Le Duc aime le dragon
Chun-Liang Yeh et Valérie Dumas
HongFei, 2011
Chengyu
par Christine Moulin
Un chengyu est une formule de quatre mots, une expression proverbiale porteuse de sagesse. Dans cet album, nous avons le droit à deux histoires, deux fables, qui illustrent deux chengyu, sur le thème des dragons. L'un, "Duc Ye aime le dragon", nous parle de l'opposition entre l'image que nous nous faisons de quelque chose et ce qu'elle est vraiment; l'autre, "peindre la pupille sur l'oeil du dragon", nous parle de la puissance de l'art, du risque que doivent savoir prendre les génies; les deux réfléchissant aux rapports entre le réel et sa représentation.
Dans notre époque qui privilégie les illusions de l'apparence, qui nous pousse parfois à nous laisser nous aveugler par la séduction de nos chimères, mais qui en même temps foule aux pieds la grandeur de l'art et de la culture, leur refuse toute efficacité, tout poids concret dans nos vies, nous avons besoin de cette philosophie décalée dans le temps et dans l'espace, de sa fausse simplicité, du message qu'elle nous apporte, qui retentit en nous, une fois le livre refermé. Les illustrations riches, colorées, drôles parfois, participent de ce dépaysement salvateur.
C'est avec ce genre de lecture que l'on expérimente ce que c'est que de s'enrichir au contact d'une autre culture et en quoi il est vital de permettre aux civilisations de se rencontrer.
22:56 Publié dans conte, LJ : albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chun-liang yeh, valérie dumas, dragon, chine, fable, art, réalité, philosophie, christine moulin
16 février 2012
Le cantique des elfes
Le cantique des elfes
Myriam Chirousse
Thierry Magnier, 2011
Y a-t-il un narrateur dans le roman ?
par Christine Moulin
Créditons l'auteure d'avoir voulu brouiller les repères narratifs pour donner une idée de la désorientation des personnages. Peut-être, toutefois, en a-t-elle un peu trop fait...
Résumons: nous avons donc un premier chapitre en "tu" (la comparaison avec Contre Dieu, qui repose sur le même principe est cruelle...): "tu" étant Jessica, une adolescente de quatorze ans, rêveuse et romantique, qui préfère vivre, sous les traits de Lady Kerridwen, dans un château gothique sis dans les contrées virtuelles d'Ultramonde, plutôt que dans la plate réalité de son existence, pourtant douillette, au fond; nous avons aussi un deuxième chapitre écrit à la troisième personne, du point de vue d'Helena, l'amie de "tu", personnage moins facile à cerner puisqu'au début du roman, elle apparaît comme la copine sûre d'elle qui jette son dévolu sur le beau Sébastien Moret et arrive assez facilement à "sortir avec" lui tandis que par la suite, elle semble perdue au point de tomber dans les griffes d'une secte d'amazones, dans l'Ultramonde, qu'elle fréquente également ; nous avons un troisième chapitre sous forme d'un dialogue entre Lupus Negrus, l'elfe noir inquiétant qui a envoûté Lady Kerridwen, mais ce dialogue se déroule dans la vie réelle, puisque la "jonction" a eu lieu; enfin... bon, je n'en dirai pas plus; nous avons enfin un quatrième chapitre où Tom, un lycéen surdoué mais complètement déscolarisé, s'adresse à Jessica. Ouf...
A cela s'ajoute une histoire de serial killer, pas complètement élucidée (comment Lupus Negrus sait-il ce qu'il sait? je n'en dirai pas plus... mais je pose la question), destinée à faire monter le suspens au début mais qui tourne court.
A cela s'ajoute une dimension sociale grâce au contraste entre ce qu'est réellement le père de Tom et ce que rêve celui-cI, entre son existence et celle de ses employeurs; entre la famille de Jessica (même s'il s'agit d'une famille "recomposée") et la famille d'Helena, livrée à elle-même.
A cela s'ajoute la question, finalement récurrente: qu'est-ce qu'aimer? les rencontres sur Internet ne sont-elles qu'illusoires? Avec comme il est maintenant de mise, en filigrane, un avertissement : Internet est dangereux!
Mais rien n'est cohérent, le lecteur est balloté d'un personnage à l'autre, d'un thème à l'autre, d'un suspens à l'autre et se demande au fond ce qu'il vient de lire: peut-être était-ce l'effet recherché?
20:01 Publié dans LJ : Roman de SF, fantasy, fantastique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : myriam chirousse, thierry magnier, narration à la deuxième personne, internet, mondes virtuels, avatar, adolescence, elfe, amazone, christine moulin
09 février 2012
Contre Dieu
Contre Dieu
Patrick Senégal
Coups de tête, 2011
Ouaou...
par Christine Moulin
Avertissons le lecteur : ce livre n'est pas pour les enfants. On peut même se demander s'il est pour les adultes tant il est violent, non pas à cause des événements qui s'y déroulent (il y a bien des meurtres, une forme de crucifixion...), mais à cause de son écriture: le roman n'est qu'une longue phrase qui ne s'arrête jamais. On est donc sommé de le lire d'une traite et on se retrouve, au bord de l'asphyxie, happé dans une spirale descendante qui mène un homme aux enfers.
Surtout qu'il est écrit en "tu": on comprendra pourquoi lors de la chute, terrible. Cela renforce, bien sûr, l'identification au héros, un homme ordinaire, auquel il arrive quelque chose d'ordinaire, hélas, qui peut nous arriver à tous, un jour: il perd dans un accident sa femme et ses deux enfants. Les conséquences effrayantes de cette fracture s'enchaînent alors inexorablement.
Si le péché suprême est le désespoir, alors, le lecteur pourrait bien, en lisant ce livre, perdre son âme...
19:55 Publié dans Littérature générale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick senégal, coups de tête, destin, syntaxe, narration à la deuxième personne, chute, christine moulin
08 février 2012
Pandemonium cité
Pandemonium cité
David Bergeron
Coups de tête, 2011
Mouais...
par Christine Moulin
Avertissons le lecteur : ce livre n'est pas pour l
es enfants. Il a été publié par le même éditeur que Contre Dieu, dans la collection "Fantastique noir", au lieu de "Suspense".
Cela démarre plutôt bien : le héros, Philippe Moreau, brisé par une rupture amoureuse, est parti en Europe cuver son chagrin (quoique, à la différence de son ami, Vlad, il "carbure" plutôt au shit qu'à l'alcool). Le roman commence le jour de son retour. Déphasé, notre héros contemple la nuit de sa fenêtre: l'orage gronde. Il aperçoit alors des silhouettes inquiétantes, celles, nous l'apprenons quelques pages plus loin, des membres d'une secte satanique.
Avec Vlad, il va se mettre en tête de défendre sa cité contre ces suppôts de Satan. Le roman bascule alors dans la description, souvent sanguinolente, de cette lutte, qui, entrecoupée de visions provoquées par la drogue, culmine avec une messe noire du plus bel effet. Il faut vraiment être amateur du genre, je crois. Visiblement, en ce qui me concerne, c'était une erreur d'aiguillage...
19:48 Publié dans humour, Littérature générale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : david bergeron, coups de tête, satan, messe noire, secte, fantastique, christine moulin
31 janvier 2012
Max et son art
Max et son art
David Wiesner
Circonflexe, 2011
Arthur, c'est quoi, l'art? Arthur?
par Christine Moulin

Avec David Wiesner, on peut toujours s'attendre à une forme de magnificence visuelle généreuse et débordante, fondée aussi sur la précision du trait et l'abondance des détails: on n'est pas déçu! Les deux "monstres" protagonistes de l'histoire, préhistoriques caméléons, ont des attitudes, des expressions particulièrement éloquentes. Tous les registres de l'émotion se lisent dans leurs yeux et leurs mimiques. Toutes les mises en pages sont convoquées. Les doubles pages sont particulièrement efficaces mais laissent parfois la place à des vignettes empruntées à la bande dessinée. Les couleurs, qui sont aussi le thème de l'histoire, sont subtiles et signifiantes (regardez donc l'épisode de la colère, de la rage d'Arthur, mais aussi le bleu délicat de son absence...)
La richesse du propos n'est pas en reste: on peut lire dans cet album une fable sur les rapports parents-enfants, père-fils, en particulier. Certes, Max n'est sans doute pas le fils d'Arthur mais c'est en tout cas son fils spirituel. Il veut faire comme lui: peindre. Mais la transmission est difficile, laborieuse, elle demande du temps et de la patience, qualité dont Arthur, un peu égocentrique (voire vaniteux) n'est guère pourvu, pas plus que Max, bouillant, fougueux, dérangeant, maladroit, étourdi. Un gosse, quoi... Arthur devra s'effacer, au sens strict du terme, pour que Max puisse trouver sa place, sans prendre celle de son père, sans le faire disparaître, sans le tuer, comme il l'a d'abord fait, par une maladresse oedipienne.
Mais, bien sûr, le livre parle aussi de la création: le travail qu'elle requiert (peut-être ne faut-il pas vouloir tout de suite peindre; peut-être faut-il passer par l'étape plus ardue mais plus féconde du dessin), la part du hasard qu'elle recèle, l'humilité qu'elle exige (Arthur est un peintre "arrivé", on le voit bien mais n'a-t-il pas perdu son âme et n'a-t-il pas besoin qu'on le "secoue" un peu pour qu'il renouvelle son inspiration et ose des "gestes" bien proches de ceux de l'art contemporain?), les liens entre le réel et l'art (faut-il faire "ressemblant"? peut-on ne peindre que dans le cadre étroit de la toile?). Le rôle du langage et des ses ambiguïtés est également souligné: car au fond, ce qui est l'élément déclencheur, c'est l'erreur féconde de Max, encore englué dans le réel, sur l'expression "tu pourrais me peindre".
Une question non résolue (parmi d'autres): pourquoi voit-on la couverture du disque des Pink Floyd, Atom Heart Mother, dès la première page? Simple hommage? Manière de laisser à penser que ce qui va être dit de l'art pictural concerne tous les arts?
Peu importe: comme tous les chefs d'oeuvre, cet album renouvelle à chaque lecture les questions qu'il nous pose.
13:33 Publié dans LJ : albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : david wiesner, circonflexe, art, caméléon, couleurs, dessin, mise en abyme, christine moulin
23 janvier 2012
La fille de mes rêves
La fille de mes rêves
Christophe Lambert, Sam Van Steen
Soon, 2011
Second Life
par Christine Moulin
Nous sommes dans une société à peine futuriste, donnant même parfois l'impression que l'auteur ne tenait pas spécialement à écrire un livre d'anticipation. C'est ainsi qu'in extremis (p.271), il fait manger de petites pilules à ses personnage: clin d'oeil! Et encore laissent-elles la place à un bon couscous fumant...
C'est que tout est comme aujourd'hui dans ce roman, à ceci près que la technique en général et les jeux vidéo en particulier ont fait des progrès. On peut désormais, sous forme d'avatars, grâce à une Dreambox (et évidemment, à prix d'or, avec abonnements "ordinaire" et "Premium"!) diriger ses rêves et notamment, draguer la nuit. Cette vie nocturne suscite les mêmes interrogations que les jeux en ligne du type Second Life qui existent déjà aujourd'hui: qui est qui? Comment construire son identité en souhaitant être un autre? Comment passer du virtuel au réel? Est-ce par frustration que l'on cherche à séduire dans ce "Real Dream"? A qui confions-nous nos rêves? Jusqu'où l'appât du profit peut-il mener? Que peut-on souhaiter pour être heureux? Ces questions sont bien posées par le roman, sans rien de didactique ni de militant. Tous les personnages ont des côtés auxquels le lecteur peut s'identifier, même les "méchants", et le thème du jeu sur les identités, qui devrait plaire aux adolescents, est fouillé, repris en écho par celui de la gémellité.
L'histoire, quoique classique, embarque le lecteur: d'une part, un essaim détraque le logiciel et rend les rêves mortels. D'où, bien sûr, enquête et drames en série (la seule chose qui laisse un peu sur sa faim, c'est qu'on aurait aimé savoir d'où venait cet essaim et quelle en était la nature, au juste...) D'autre part, dans certains chapitres, le narrateur cède la parole à un lycéen, Kamel, qui cherche l'amour et revivra un schème à la Cyrano dans les méandres du virtuel. Les deux pistes, traitées avec rigueur et cohérence, se rejoindront, bien sûr.
Rien de lénifiant: la violence des rapports sociaux, la violence physique aussi, la sexualité, le cynisme font partie du décor mais ne portent jamais à la désespérance. Bref, voilà un livre qui se lit bien mais qui évite les raccourcis simplificateurs.
10:51 Publié dans LJ : Roman de SF, fantasy, fantastique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christophe lambert, sam van steen, soon, science-fiction, jeux video, clone, avatar, christine moulin
02 janvier 2012
Mistigri, mon ami
Mistigri, mon ami
Elisabeth Partridge, Lauren Castillo
traduit (anglais) par Fenn Troller
Seuil jeunesse, 2011
Dire le chagrin
par Christine Moulin
Cet album est, en apparence, modeste et par là même, touchant. Il ne cherche pas à donner de la mort et du deuil une vision originale ou poétique ou profonde. Non, il dit tout simplement, avec des phrases très courtes, de celles que saurait écrire un enfant, les sentiments qui peuvent unir un chat, un petit garçon et sa maman. Il dit la rupture que provoque la maladie. Il dit la tristesse.
Les illustrations sont à l'unisson : réalistes mais délicates. Tendres (bouleversant, le dessin que dépose l'enfant sur la tombe de Mistigri, bouleversant le "petit menton" du chat...)
Dommage que la deuxième partie laisse place à une vision plus traditionnelle. Certes, il y a de la justesse dans la façon qu'a le petit garçon de chercher son ami perdu "tout là-haut, heureux parmi les oiseaux" puisque sa maman lui a dit qu'il était au ciel... Mais l'optimisme final ("nous serons amis pour la vie, rien ne nous séparera jamais") semble un peu forcé et débouche sur une sentimentalité que le reste de l'album avait su éviter avec beaucoup de pudeur.
18:53 Publié dans LJ : albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elisabeth partridge, lauren castillo, fenn troller, seuil, deuil, chat, christine moulin
30 décembre 2011
Un dragon dans la tête
Un dragon dans la tête
Pittau et Gervais
Gallimard Jeunesse, Giboulées, 2011
Le dragon chauve
par Christine Moulin
Pas plus de dragon dans cet album que de cantatrice, chauve ou non, dans la pièce d'Ionesco. Quoique : le dernier poème explique en quelque sortte le titre, sous le signe de l'absence, il est vrai, mais une absence qui donne sa chance à l'imaginaire : "Dans la forme/ Des nuages/ Je n'ai pas vu/ Des dragons fumants [...]/ Tout ça/ Je l'ai vu dans ma tête/ Juste en fermant les yeux".
En revanche, la poésie, elle, est là, et bien là. Fondée sur le goût des listes, très nombreuses, sur la célébration de l'infime ("La fourmi", La grenouille" "Un jour de soleil"), de l'intime aussi ("Caché bien caché"). Avec quelquefois des envolées plus larges ("Ici et là-bas", poème en miroir qui dit l'universalité des interrogations humaines ; "Trait pour trait" qui rappelle la difficulté et la joie d'être soi) mais aussi des incursions vers l'humour ("Un jour, un jour", ode à la procrastination), vers la poésie graphique ("Paysage en ville") ou tout simplement vers l'évocation voilée, proche du silence, des chagrins enfantins ("Les petits chats").
Les images,, mêlant formes modernes et simples à des collages nostalgiques, accompagnent les poèmes sans les illustrer lourdement, retenant un moment, une impression, proposant, au fond, une lecture, sans l'imposer.
Voilà un beau livre, grâce auquel "on peut caresser le ventre des nuages".
18:47 Publié dans LJ : albums, LJ : poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pittau, gervais, gallimard, ginoulées, poésie, liste, christine moulin
28 décembre 2011
Plouf! un abécédaire aquatique
Plouf ! un abécédaire aquatique
Thomas Baas
Seuil Jeunesse, 2011
Des épinards à la querelle, en passant par la noix
par Christine Moulin
La collection Clac Book est vraiment surprenante. Les genres sont variés et les surprises bonnes ou moins bonnes... Le cru est à recommander, cette fois. Les illustrations de cet abécédaire, toutes rondes, fondées sur quelques couleurs récurrentes, forment un paysage attractif et joyeux. Mais ce qui est très amusant, ce sont les mots choisis qui sont loin de tous appartenir au champ lexical de la mer. Seule l'image peut alors expliquer la présence de tel ou tel vocable : rien de pesamment didactique, donc. Le jeu avec le genre est agréable, sans pour autant gâcher le plaisir prévisible des tout-petits.
18:42 Publié dans abécédaire/dictionnaire, humour, LJ : documentaires, LJ : tout petits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thomas baas, seuil jeunesse, mer, abécédaire, clac book, christine moulin


