03 mars 2012

Cendrillon : le petit théâtre d’ombres

Cendrillon : le petit théâtre d’ombres
Charles Perrault, Juliette Binet
Gallimard jeunesse (Giboulées), 2011

 Théâtre de (lampe de ) poche

Par Anne-Marie Mercier

 Cendrillon, Charles Perrault, Juliette Binet Gallimard jeunesse (Giboulées), Anne-Marie MercierBoîte de jeu, livre d’activité, castelet… il y a de tout à l’intérieur de ce livre de la collection « théâtre d’ombres » : on y propose un castelet de dimensions réduites, des décors en plastique rigide transparent, des figurines de même matière pour les personnages (humains et animaux), avec même quelque gros plans hardis (une figurine entière pour le pied de Cendrillon). Une lampe de poche à dynamo est fournie : fini le cauchemar de la recherche des piles…

Un petit livre propose le conte dans le texte de Perrault, illustré d’images dans le même style (mais en couleurs pastels) et accompagné de conseils pour le jeu dramatique, seul ou en groupe, tout à fait bien venus (comprendre l’histoire avant tout, essayer de ressentir l’émotion des personnages). Pour ceux qui n’arriveraient pas à improviser, des idées de mise en scène et de « jeu d’acteurs » et un texte théâtral très court sont proposés.

Enfin, tout cela est quasiment parfait. Seul reproche : le style du texte du mode d’emploi est un peu trop relâché.

Dans la même collection on retrouvera le Petit Poucet, le Chat botté, le Petit Chaperon rouge, Ali Baba, la Belle au bois dormant et les personnages des fables.

 

24 décembre 2011

Les Aventures du livre de géographie... le théâtre des livres

Les Aventures du livre de géographie qui voulait voyager avant de s'endormir
Cathy Ytak

Syros (mini Syros-théâtre à jouer), 2011

Une nuit à la bibliothèque : théâtre

Par Anne-Marie Mercier

livre,cathy ytak,syros (mini syros-théâtre à jouer),migrant,bibliothèque,anne-marie mercierOn songe à la pièce de Jean-Christophe Bailly, Une Nuit à la bibliothèque, dans laquelle comme dans ce petit texte, les livres, la nuit, sortent de leurs rayons et se racontent des histoires. Ici l'intrigue est simple, et le titre dit tout : le livre de géographie veut voyager. Il rencontre d'autres ouvrages plus ou moins favorables à son projet : encyclopédie et dictionnaire, livre d'histoire, livre de la police de l'air et des frontières, livre de souvenirs, livre de la petite musique de nuit, manuscrit…

Les dialogues sont simples et vifs, souvent drôles (le « livre des insultes et des gros mots » plaira beaucoup aux enfants), parfois profonds. Ils sont aussi orientés politiquement (le livre de la police de l'air et des frontières arrache des pages à un album, on vous laisse découvrir pourquoi). En somme c'est un très joli moment de théâtre imaginaire a proposer à de jeunes acteurs et de jeunes ou moins jeunes spectateurs (prévu pour une dizaine d'acteurs et plus).

08 novembre 2011

“Théâtrales Jeunesse” a dix ans

A l’occasion des 10 ans
de la collection
“Théâtrales Jeunesse”,


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Les Editions théâtrales ont réalisé 17 entretiens filmés avec leurs auteurs.Deux entretiens seront mis en ligne  par semaine (le mardi et le vendredi) sur le blog des éditions et sur viméo :

 1er novembre : Françoise du Chaxel + Marine Auriol

8 novembre : Hervé Blutsch +  Dominique Paquet

15 novembre : Karin Serres + Sylvain Levey

23 novembre : Roland Shön + Yves Lebeau

30 novembre : Jean-Pierre Cannet + Françoise Pillet

7 décembre : Dominique Richard + Henri Bornstein

14 décembre : Stéphane Jaubertie + Jean Cagnard

21 décembre : Bruno Castan + Michel Marc Bouchard

28 décembre : Suzanne Lebeau

 Les entretiens avec Françoise du Chaxel et avec Marine Auriol sont en ligne sur Channel viméo : http://vimeo.com/channels/theatralesjeunessea10ans.

 Tout un programme consacre les 10 ans de “Théâtrales Jeunnesse” : des manifestations  au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil avec une programmation spéciale "10 ans", des happenings poétiques dans les bibliothèques, des évènements en librairie, une fête-anniversaire au Théâtre Berthelot...

contact

11 juillet 2011

J’ai tué mon prof !

J’ai tué mon prof !
Patrick Mosconi
Syros (mini syros), 2010

Cervelle tueuse

par Caroline Scandale

 

Patrick Mosconi, Syros (mini syros,Caroline Scandale,professeur,collège,)Qui n'a jamais rêvé de tuer un professeur exécré? La force de l'esprit peut-elle aider en pareilles circonstances à bouleverser le destin? Visiblement, oui… Puisque la seule volonté de Julien parvient à dégommer Lambert, dit Moustache, son prof de dessin. Oui mais voilà, le jeune garçonnet vit très mal son nouveau statut d'assassin. Il se sent infiniment coupable et part donc à la rencontre de la famille du mort pour s'excuser. Quand soudain il fait une terrifiante découverte... Et si Lambert n'était pas vraiment mort?

 

Ce court roman de la collection Mini Syros Polar est une excellente entrée en matière pour se familiariser avec les codes du genre... Le type de mini livre pour enfants qui fonctionne très bien, même encore au collège, auprès de lecteur-trice-s réticent-e-s  aux livres de plus de cinquante pages. Parole d'experte!  

10 juillet 2011

Même pas mort !

Même pas mort ! 
Audren
L’école des loisirs (théâtre), 2011

Dommage !

Par Michel Dieuaide

Même pas mort.gifParler de la mort aux jeunes spectateurs avec le langage théâtral est un choix courageux. Dans une pièce intitulée « Même pas mort ! », l’auteur se risque à aborder une thématique qui engage beaucoup, quand on sait combien les adultes restent souvent sans voix devant les interrogations des enfants à ce sujet.

Audren met en jeu ses personnages dans une situation unique : l’attente des familiers d’un mort autour d’une tombe ouverte avant l’arrivée du  cercueil. Peine, frustrations, humour s’égrènent pour supporter ce sursis à l’adieu définitif, en présence de deux importuns, autoproclamés « conservateurs de bonheur », qui vont s’immiscer dans la conversation des proches du disparu.

Très vite, malheureusement, les dialogues s’évertuent à dédramatiser la situation de base et la pièce s’engouffre dans une légèreté décalée qui fait disparaître toute tension émotionnelle. Qui plus est, le mort n’est même pas mort et sa réapparition renforce la sensation que, décidément, vouloir parler de la mort ne suffit pas si l’écriture s’emploie à l’esquiver. Tous les personnages – à l’exception de Bérénice (la femme de ménage du mort) – s’échinent à prendre de la distance, perdant ainsi toute épaisseur. Ernest et Maya, les pseudo-poètes du bonheur de vivre, ressemblent à des baudruches langagières et contribuent principalement à retirer à l’écriture toute la densité que le choix initial de contenu pouvait laisser espérer. Dommage ! « Même pas mort ! » tient de la supercherie…même pas drôle !

04 juin 2011

Mongol

Mongol
Karin Serres
L’école des loisirs (Théâtre),

Moi ?   Différent ?....

Par Chantal Magne-Ville

 

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Dans cette adaptation théâtrale du roman éponyme, Karine Serres met en scène Ludovic, un enfant différent qui se fait souvent insulter par ses camarades de classe. Un jour ils le traitent de « mongol ». Le dictionnaire lui apprend qu’il s’agit d’un peuple d’Asie, et il n’a alors de cesse de trouver des informations sur ces hommes dont il découvre la culture. Il en apprend les expressions, la géographie, et rêve sur leurs noms de lieux. En s’identifiant à ces guerriers, et en tentant maladroitement d’en adopter les coutumes, il se singularise et génère l’incompréhension autour de lui. Seul le spectateur perçoit la logique de ses nouveaux comportements, ce qui fait ressortir l’inadaptation des réponses de l’entourage. Cependant Ludovic acquiert progressivement de l’assurance et parvient à tenir tête à ses persécuteurs. Les échanges sont nerveux et très percutants, mimétiques de la montée de la force intérieure du héros, dont nous partageons les conquêtes par le  point de vue interne qui prend souvent la forme de monologues décoiffants où l’humour est souvent présent ainsi que la poésie. Une œuvre attachante, pleine d’humanité, qui sait toucher tout spectateur, quel que soit son âge. La découverte de l’altérité se fait avec une très grande justesse psychologique, sans misérabilisme, délivrant un message résolument optimiste.

14 mai 2011

J'ai 17 pour toujours

J'ai 17 pour toujours
Jacques Descorde

l'Ecole des Loisirs (
Théâtre), 2011


Coup de poing à l'estomac

par Sophie Genin


adolescence ; banlieue

Deux amies sur un toit. Des séquences brèves. Très brèves. 22 en tout. Un univers noir qui espère toujours, à la Olivier Adam. Des adolescentes écorchées par la vie avant même d'avoir atteint 17 ans. Un texte difficile à suivre car basé sur les associations d'idées, voire les obsessions (comme compter le nombre de fenêtres allumées à différentes heures de la nuit, perchée sur le toit d'un immeuble-tour immense), des deux filles paumées et désabusées. Parfois les prénoms, Stella et Adèle, se brouillent et semblent s'inverser. Ce qui reste, comme goût amer, à la fin, c'est la mort mais aussi la vie.

L'écriture lapidaire, comme un uppercut, s'accompagne d'une bande-son actuelle (Portishead, Télépopmusik, Nirvana) qui la transforme en road-movie oppressant et fascinant.

08 mai 2011

Mongol

Mongol
Karin Serres

l'Ecole des Loisirs (Théâtre), 2011

Transformation réussie

par Sophie Genin


différence ; école

"Cette histoire a d'abord existé sous forme d'un roman (...). Je l'ai entièrement réécrite pour le théâtre à l'invitation de Pascale Daniel-Lacombe, du Théâtre du Rivage, qui l'a créée à l'Atrium de Dax le 24 mars 2011" (Karin Serres). Nous pouvons remercier la metteur en scène car, si je n'ai pas lu Mongol sous forme de roman (édité en 2003), la pièce a tout des qualités de ce qui fait un texte marquant.

En effet, l'idée de départ, un quiproquo du héros, Ludovic, traité de "mongol" par Fabrice, caïd de sa classe, permet à l'auteur de nous emmener en voyage sur les traces des véritables Mongols, en particulier de celles de Gengis Khan. Jamais la visée de cette pièce n'est didactique ou moralisatrice car le jeune garçon trouve un sens à son existence dans la découverte de la langue et des traditions d'un peuple souvent méconnu. En refermant l'ouvrage, une seule envie : continuer à en découvrir plus !

On retrouve dans cette pièce au rythme rapide et dense, suivant celui de Ludovic au sein de sa famille et à l'école, par épisodes, la qualité d'une pièce pour plus jeunes : Le Petit Bonhomme vert (et le rouge!), publié aux éditions du Bonhomme Vert en 2008. En effet, l'adresse aux enfants est juste, sans non-dits, directe mais attentive. On peut alors suivre Karin Serres où bon il lui semblera de nous conduire. On se laisse emporter, suivant Ludovic, pas si "différent" que ça.