08 janvier 2012
New York en pyjamarama
New York en pyjamarama
Michaël Leblond, Frédérique Bertrand
Rouergue, 2011
Images magiques
Par Anne-Marie Mercier
Un livre gris… et magique !
Un enfant en pyjama se couche et rêve de New York ; il s'y promène comme on vole. Il y a un peu de la Cuisine de nuit de Maurice Sendak, à ceci près que le pyjama reste en place... Avec l'enfant, on s'émerveille devant la foule, les gratte-ciel, le trafic, le vent dans les arbres, les lumières. Et aussi à ceci près que rien n'est statique. Tout bouge : les lumières clignotent, les roues tournent, les voitures circulent, les gens passent et les feuilles volètent.
Tout cela, grâce à la grille rayée (comme le pyjama!) que l'on peut passer devant les images pour les faire s'animer: une merveille d'astuce graphique (l’ombro-cinéma), sans batterie, sans souris, qui illustre un pouvoir inattendu – et pourtant ancien – du livre.
Le prochain ouvrage de la collection, Luna Park en pyjamarama sera certainement décoiffant !
12:10 Publié dans livre animé, LJ : albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : new york new york, rêve, michaël leblond, frédérique bertrand, rouergue, anne-marie mercier
07 janvier 2012
Clarence Flûte et le secret de Sybille : le systême solaire modélisé
Clarence Flûte et le secret de Sybille
Sandrine Bonini
Autrement jeunesse, 2011
Physicien en herbe cherche âme soeur
Par Anne-Marie Mercier
Ce titre annonce une nouvelle série, mais aussi l'introduction d'Autrement jeunesse dans le roman pour enfants. A travers un héros fort sympathique, le lecteur va découvrir qu'on peut s'intéresser aux sciences ailleurs que dans la salle de classe. Le parti pris est intéressant. On regrette cependant qu'il ait fallu passer par le cliché du garçon solitaire à lunettes, premier de la classe qui n'ose pas parler aux filles, donc un personnage qui sera perçu comme un peu ridicule par les jeunes lecteurs.
Pour le reste, le projet est assez réussi : Clarence, huit ans, après avoir réalisé un système solaire en marshmallows tente d'en créer un autre qui serait une image de son propre entourage. Les conditions de réalisation de l'expérience miment celles qu’installerait un vrai scientifique, ou un professeur des écoles qui souhaiterait faire comprendre la démarche scientifique à ses élèves. L'imbrication de questions sentimentales ou relationnelles dans le projet de Clarence est savoureuse tout comme les illustrations. Elle propose les plans, schémas, listes et donnent les étapes du « cahier d'expérience » qui scandent les perplexités du personnage.
11:49 Publié dans LJ : documentaires, LJ : roman réaliste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sandrine bonini, systême solaire, expérience, autrement jeunesse, anne-marie mercier
06 janvier 2012
Les poètes ont toujours raison
Rascal
Les poètes ont toujours raison
L’Edune, 2011
Poèmes pour viatique
Par Dominique Perrin

« Les poètes ont toujours raison » : le titre de l’anthologie adressée par Rascal aux derniers nés des « frères humains » chers à François Villon s’entend de multiples façons. Le « toujours » y est entre autres chronologique : c’est de durée qu’il est question, au premier chef dans la dédicace de l’auteur à son père, et dans le témoignage autobiographique liminaire qui relie la mémorable découverte de la poésie « sur les bancs de l’école » au geste du cueilleur-semeur adulte assemblant son bouquet de poèmes et d’images.
Du quasi haïku de Guillevic aux enjambées fantastiques des strophes de Rutebeuf, douze poèmes de langue française sont rendus magistralement présents, douze poètes – scrutant ou désignant chacun à leur manière les marges des différents systèmes de domination de leur temps – retrouvent leur aura de vivants dans des portraits qui refusent tout rajout aux poèmes, mais apportent au lecteur, rencontre imprévisible, une vision des sujets aigus, inquiets et désirants qui les écrivirent.
11:42 Publié dans LJ : albums, LJ : poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rascal, perrin, l’edune, 2011
02 janvier 2012
Mistigri, mon ami
Mistigri, mon ami
Elisabeth Partridge, Lauren Castillo
traduit (anglais) par Fenn Troller
Seuil jeunesse, 2011
Dire le chagrin
par Christine Moulin
Cet album est, en apparence, modeste et par là même, touchant. Il ne cherche pas à donner de la mort et du deuil une vision originale ou poétique ou profonde. Non, il dit tout simplement, avec des phrases très courtes, de celles que saurait écrire un enfant, les sentiments qui peuvent unir un chat, un petit garçon et sa maman. Il dit la rupture que provoque la maladie. Il dit la tristesse.
Les illustrations sont à l'unisson : réalistes mais délicates. Tendres (bouleversant, le dessin que dépose l'enfant sur la tombe de Mistigri, bouleversant le "petit menton" du chat...)
Dommage que la deuxième partie laisse place à une vision plus traditionnelle. Certes, il y a de la justesse dans la façon qu'a le petit garçon de chercher son ami perdu "tout là-haut, heureux parmi les oiseaux" puisque sa maman lui a dit qu'il était au ciel... Mais l'optimisme final ("nous serons amis pour la vie, rien ne nous séparera jamais") semble un peu forcé et débouche sur une sentimentalité que le reste de l'album avait su éviter avec beaucoup de pudeur.
18:53 Publié dans LJ : albums | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elisabeth partridge, lauren castillo, fenn troller, seuil, deuil, chat, christine moulin


