01 janvier 2012

Les petites bêtes de Tatsu Nagata

Les Petites Bêtes de Tatsu Nagata
Tatsu Nagata (Dedieu)

Seuil jeunesse, 2011

Le gros volume des petites bêtes

par Anne-Marie Mercier

Les petites bêtes de Tatsu Nagata.gifOn trouve ici réunies en un grand volume plusieurs histoires naturelles de Tatsu Nagata : l'escargot, la fourmi, le hérisson, le ver de terre, l'araignée, la grenouille, la chouette et le phasme n'auront quasiment plus de secrets pour vous, ou du moins auront pris un visage coloré, joueur.

On savourera particulièrement l'image de l'araignée « buvant » sa proie comme un touriste boit son orangeade en terrasse, tout en apprenant qu'elle est un arachnide et non un insecte : mettez-vous ça en tête, un insecte = 2 ailes, 2 antennes et six pattes! Grâce au professeur Nagata, on voit l'infiniment petit, on découvre ce qui se trame sous la terre et dans les airs on apprend sur la vie et les moeurs des animaux et on s'amuse aussi beaucoup.

31 décembre 2011

Gravenstein

Gravenstein
Øyvind Torseter

La joie de lire, 2011
Traduction (norvégien) par Jean-Baptiste Coursaud

Des pommes, de la maraude et de l'humanité comme aventure

Par Dominique Perrin

graven9080922_1_m.jpgEn une soixantaine de doubles pages composant un bref prologue et deux « chapitres », Gravenstein installe ses personnages -  un « bébé Elephantman », une toute jeune fille au costume de féline et son père au costume passe-partout – dans un monde aux accents curieusement réalistes. Comme dans Détours (La joie de lire, 2010) mais cette fois dans un petit format agréable à manier, le lecteur est invité à transiter d’une ville moderne vers une campagne parsemée de bâtiments à demi écroulés ou bâtis. Mais la « nature » est ici hantée de hauts filets grillagés en plus ou moins bon état de marche, et la société représentée obsédée par les pommes jaunes « gravenstein ».
Comme dans Détours, consentir au parcours narratif parfaitement original et essentiellement visuel proposé par Torseter donne généreusement à méditer, sur les rapports entre fond et forme, et sur ce monde où les pommes vendues à prix d’or en ville sont ailleurs bonnes à lapider ceux qui les maraudent, où les vaches s’avèrent aussi peu considérées que les originaux qui s'intéressent à elles - mais où coulent  aussi avec assurance les rivières de l'aventure.

30 décembre 2011

Un dragon dans la tête

Un dragon dans la tête
Pittau et Gervais

Gallimard Jeunesse, Giboulées, 2011

Le dragon chauve

par Christine Moulin

pittau,gervais,gallimard,ginoulées,poésie,liste,christine moulinPas plus de dragon dans cet album que de cantatrice, chauve ou non, dans la pièce d'Ionesco. Quoique : le dernier poème explique en quelque sortte le titre, sous le signe de l'absence, il est vrai, mais une absence qui donne sa chance à l'imaginaire : "Dans la forme/ Des nuages/ Je n'ai pas vu/ Des dragons fumants [...]/ Tout ça/ Je l'ai vu dans ma tête/ Juste en fermant les yeux".

En revanche, la poésie, elle, est là, et bien là. Fondée sur le goût des listes, très nombreuses, sur la célébration de l'infime ("La fourmi", La grenouille" "Un jour de soleil"), de l'intime aussi ("Caché bien caché"). Avec quelquefois des envolées plus larges ("Ici et là-bas", poème en miroir qui dit l'universalité des interrogations humaines ; "Trait pour trait" qui rappelle la difficulté et la joie d'être soi) mais aussi des incursions vers l'humour ("Un jour, un jour", ode à la procrastination), vers la poésie graphique ("Paysage en ville") ou tout simplement vers l'évocation voilée, proche du silence, des chagrins enfantins ("Les petits chats").

Les images,, mêlant formes modernes et simples à des collages nostalgiques, accompagnent les poèmes sans les illustrer lourdement, retenant un moment, une impression, proposant, au fond, une lecture, sans l'imposer.

Voilà un beau livre, grâce auquel "on peut caresser le ventre des nuages".

29 décembre 2011

Le dossier Artémis Fowl Le complexe d'Atlantis (Artémis Fowl, 7)

Le dossier Artémis Fowl
Le complexe d'Atlantis (Artémis Fowl, 7)

Eoin Colfer
traduit (anglais) par Julien Ramel
Gallimard (folio junior), 2011

Petit Vade-mecum Artémis

par Anne-Marie Mercier

Le dossier Artémis Fowl .gifCette édition en poche du volume publié en 2006 propose aux amateurs du héros de Eoin Colfer quelques éléments qui leur permettront de compléter la saga. On y trouve deux courts récits, "les FARfadets", qui retrace l'entrée de Holly dans les forces luttant contre les infractions au code de bonne conduite des êtres féeriques, et "le septième nain", qui retrace une aventure d'Artémis, voleur patenté. Ce volume propose également un alphabet gnomique, des interviews des différents personnages, un Quiz absurde, et  quelques autres renseignements fondamentaux comme les bulletins scolaires d'Artémis...

 

Le complexe d'atlantis (Artémis Fowl, 7).gifPeu auparavant est paru le septième tome de la série, dans lequel on retrouve le démoniaque Turnball et les ingrédients qui ont fait le succès de la série : suspense, inventivité et humour.  Le jeune héros irlandais met du désordre dans le monde de la féerie, comme d'habitude, mais surtout est lui-même en plein désordre, souffrant d'un syndrome qui produit des troubles obsessionnels, de la paranoïa, et un éclatement de la personnalité. Ce dernier point produit des situations cocasses : le double d'Artémis, Orion, est une sorte de Don Quichotte qui ne fait pas la différence entre la fiction et la "réalité ». Ce volume est annoncé comme l'avant-dernier de la série.

28 décembre 2011

Plouf! un abécédaire aquatique

Plouf ! un abécédaire aquatique
Thomas Baas

Seuil Jeunesse, 2011

Des épinards à la querelle, en passant par la noix

par Christine Moulin

thomas baas,seuil jeunesse,mer,abécédaire,clac book,christine moulinLa collection Clac Book est vraiment surprenante. Les genres sont variés et les surprises bonnes ou moins bonnes... Le cru est à recommander, cette fois. Les illustrations de cet abécédaire, toutes rondes, fondées sur quelques couleurs récurrentes, forment un paysage attractif et joyeux. Mais ce qui est très amusant, ce sont les mots choisis qui sont loin de tous appartenir au champ lexical de la mer. Seule l'image peut alors expliquer la présence de tel ou tel vocable : rien de pesamment didactique, donc. Le jeu avec le genre est agréable, sans pour autant gâcher le plaisir prévisible des tout-petits.

27 décembre 2011

Rollinettes

Rollinettes
François Rollin, ill. Benjamin Chaud

L’Edune, 2011

Humour sans cosmétique

Par Dominique Perrin

roll1-49e99.jpg« Jusqu’à l’âge de huit ans,
j’ai eu peur des loups.
De neuf à quinze, c’étaient les guêpes.
Depuis mes seize ans,
J’ai peur de la mort.
Sincèrement, j’aimais mieux le début. »

 Difficile, singulièrement difficile de présenter ces « rollinettes », aussi efficacement que l’éditeur en quatrième de couverture (« Voici livrée à votre sensibilité une véritable somme de pensées profondes ») ou que Nicolas Bedos dans sa « préface délicieusement inefficace » (« Rollin ne s’achète pas, c’est lui qui nous loue »). Le recueil est, de fait, spirituel : avec légèreté, avec gravité, avec une exquise apparente candeur surtout – et aussi, importe-t-il peut-être de rajouter, avec beaucoup d’incorrection et de pudeur. Après cette lecture, toute la production des éditions L’Edune s’offre à la découverte du lecteur étonné et un peu rajeuni : pour l’esprit, beaucoup plus et beaucoup mieux que du champagne.

26 décembre 2011

L’école des massacreurs de dragons, t. 1 (le nouvel élève)

L’école des massacreurs de dragons, t. 1 (le nouvel élève)
Kate McMullan

Gallimard (folio cadet), 2011

Désir d'école

Par Anne-Marie Mercier

 

L’école des massacreurs de dragons, t. 1 (le nouvel élève).jpgDans cette série qui a eu beaucoup de succès et qui paraît maintenant en poche on retrouve plusieurs ingrédients qui ont fait le succès de nombreuses autres. Le jeune héros est martyrisé par sa famille dans lequel il joue un personnage de Cendrillon. Treizième fils, roux, il est totalement différent de ses frères et se sait destiné à un futur glorieux grâce à la prédiction d'un ménestrel de passage. Intégrer une école va lui permettre de changer sa vie.

Il y a beaucoup de loufoquerie, ce qui fait que le roman ne se prend jamais trop au sérieux. On pourrait y voir un mixage de Harry Potter réécrit par Roald Dahl, un pastiche de romans de fantasy. Cela fait une lecture drôle et distrayante, sans prétention.

Toutes les notes